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IP Week Londres 2018 : Un optimisme prudent

Notre expert en "Oil&Gas", André Hutzli revient sur les grandes tendances présentées lors de l'IP Week à Londres. L'édition 2018 de l'IP Week de Londres, réunion annuelle des principaux ...

9 mars 2018

Notre expert en « Oil&Gas », André Hutzli revient sur les grandes tendances présentées lors de l’IP Week à Londres.

L’édition 2018 de l’IP Week de Londres, réunion annuelle des principaux acteurs de la filière Oil & Gas, aura mieux que jamais illustré la citation du célèbre humoriste français Pierre Dac : « rien n’est moins sûr que l’incertain ».

Optimisme prudent

La configuration particulière des facteurs déterminants les prix du pétrole d’une part, et les effets à moyen terme de la transition énergétique sur le secteur pétrolier d’autre part, génèrent un degré d’incertitude sur la filière. Pour autant, cela n’a pas empêché un certain optimisme prudent de souffler durant l’événement, porté par une saine reprise de l’économie globale.  

« Supply backlash » en 2018 ?

 width=Dans ce contexte de reprise économique globale synchronisée, un accroissement de la demande de pétrole est attendu (+ 1,4 mb/j en 2018) (1) et le sentiment général est haussier, favorisant l’appétit du marché pour les actifs plus risqués. Pour autant, l’accroissement de la production pétrolière non-OPEP attendue en 2018 (+1,7 mb/j selon l’AIE), en provenance notamment des Etats-Unis, du Canada et du Brésil, devrait dépasser la hausse attendue de la demande. D’autant plus que les prix, soutenus ces derniers mois, ont encouragé les producteurs non-conventionnels américains à augmenter leur production. A tel point que la production US a dépassé la barre des 10 mb/j en Novembre 2017, niveau jamais plus atteint depuis 1970 – replaçant ainsi le pays dans la même ligue que l’Arabie Saoudite et la Russie. Le 27 février, Fatih Birol, Directeur Exécutif à l’AIE, a d’ailleurs parlé d’une « croissance explosive » de la production non-conventionnelle US, provoquant immédiatement une chute des Futures de plus de 1,9 % sur le marché New Yorkais. Si les prix ont donc été soutenus depuis plusieurs mois, portés notamment par la reprise économique globale, un « supply backlash » semble parfaitement plausible en 2018.  

D’autres facteurs d’incertitude demeurent

Trois autres facteurs d’importance pour l’équilibre des prix sont plus difficiles à anticiper :

L’OPEP+ sera-t-il en mesure de maintenir la discipline dans les coupes de production en 2018 ?

Rien n’est moins sûr, d’autant plus que les stocks de l’OCDE, qui semblent servir de référence aux objectifs de coupes de production que l’OPEP+(2) a déclaré vouloir maintenir jusqu’à ce que les stocks globaux refluent à leur niveau moyen des 5 dernières années, ont continué à diminuer et se rapprochent désormais de ce niveau (actuellement 52 mb en dessus de la moyenne des 5 dernières années vs 264 mb il y a un an selon l’AIE).

Le dollar américain

Le niveau du dollar américain, dont la faiblesse actuelle – malgré la hausse des taux engagée aux Etats-Unis – favorise le maintien de positions longues de la part des investisseurs sur le Brent.

La volatilité géopolitique

Finalement la volatilité géopolitique sur plusieurs régions (Iran, Kurdistan Iraquien, Corée du Nord, Syrie, Afrique du Nord, Venezuela,…), attisée par l’impulsivité de plusieurs hauts dirigeants politiques actuels, augmente fortement le degré d’incertitude.

 

Des marges de profitabilité toujours sous pression

Les autres principales tendances de marché dont l’IP Week s’est fait la caisse de résonnance sont notamment les marges de profitabilité, qui sur le trading ne devraient pas fondamentalement évoluer en 2018 et rester très modérées. Quant au bunkering, activité qui témoigne d’une légère amélioration des marges depuis quelques mois, la profitabilité devrait également rester sous pression, compte tenu notamment des stratégies d’optimisation des coûts mises en place par les compagnies maritimes.  

Transition énergétique, source d’opportunités

Eoliennes Off-shore énergie renouvelableCertains traders profitent également d’opportunités de trading liées au décommissionnement de centrales et au développement des énergies renouvelables. L’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique génère en effet une forte volatilité sur le marché de l’électricité en Europe, créant ainsi des besoins croissants en services liés au « balancing » et à la sécurité d’approvisionnement ainsi que des opportunités d’investissements dans des actifs de production flexibles (« peakers »). Ces activités tributaires de la météo (soleil / vent) nécessitent d’ailleurs de manière croissante l’embauche d’experts météorologistes par les traders actifs sur ce segment. La transition énergétique en cours est ainsi clairement porteuse d’opportunités de diversifications pour les traders. Si la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique est en forte augmentation et devrait dépasser les 18 % des énergies primaires d’ici 2040, il en va de même du gaz naturel/LNG dont la part dans le mix devrait avoisiner les 25 %(3) à la même échéance et dont le profile « moins carboné » en fait une énergie fossile favorable aux objectifs de décarbonisation. Le pétrole, même si sa part dans le mix devrait diminuer ces prochaines années, va continuer à jouer un rôle central dans la sécurité d’approvisionnement énergétique pour représenter encore près du tiers de l’ensemble du mix d’ici 2040. BNP Paribas partenaire historique du secteur de l’énergie est engagé dans la transition énergétique. BNP Paribas s’assure donc d’apporter des solutions de financement permettant d’accélérer la diversification et la décarbonisation du mix des énergies primaires, tout en favorisant la sécurité d’approvisionnement énergétique. Cela passe donc par un accompagnement soutenu aux acteurs de la filière énergie, notamment sur le gaz naturel, les pétroles conventionnels, les énergies renouvelables et les biocarburants.   André Hutzli | BNPP Energy Sector Head, STS EMEA (1) Source BNPParibas Global Market Research (2) OPEP+ : OPEP+ pays associés aux coupes de production, dont la Russie notamment (3) Source AIE